Vous communiquez vous-même sur votre activité, entre deux rendez-vous clients et la gestion courante. Un plan de communication simple vous évite de publier au hasard et vous aide à garder le cap dans la durée. Voici une méthode en cinq étapes et un modèle d'une page à remplir, pour le digital, l'oral et l'écrit.
Plan de communication : à quoi il sert dans une petite entreprise
Un plan de communication décrit ce que vous voulez dire, à qui, par quel canal et à quel rythme. Il tient sur une page et se relit en quelques minutes.
La stratégie de communication fixe la direction : ce que vous voulez que l'on retienne de votre entreprise. Le plan de communication la traduit en actions datées, avec un responsable pour chacune.
Dans une TPE, le dirigeant communique souvent seul, sans chargé de communication. Le temps disponible reste limité et chaque action doit compter. Sans plan, la communication suit l'humeur du moment : une rafale de publications en janvier, puis plus rien jusqu'en mai.
Un plan de communication vous apporte trois bénéfices concrets :
Des choix assumés : vous savez ce que vous faites et, surtout, ce que vous ne faites pas.
De la régularité : vos clients et prospects vous voient apparaître à intervalles réguliers.
De la cohérence : votre message reste le même sur votre site, en rendez-vous et dans vos devis.
La communication d'entreprise ne se limite pas aux réseaux sociaux. Elle passe aussi par l'oral : un rendez-vous client, une réunion d'équipe, une intervention sur un salon. Elle passe enfin par l'écrit : un devis, une plaquette, un courriel de relance, une newsletter.
Votre plan couvre deux publics. La communication externe s'adresse à vos clients, prospects, prescripteurs et partenaires. La communication interne s'adresse à vos salariés, qui portent eux aussi l'image de l'entreprise.
Pour aller plus loin, Bpifrance Création met à disposition les fiches pratiques pour faire connaître son entreprise. Si vous dirigez une équipe, découvrez aussi comment organiser la communication interne dans une petite structure.
Étape 1 : fixer deux ou trois objectifs que vous pouvez vérifier
Votre plan commence par une question simple : qu'attendez-vous de votre communication cette année ?
Limitez vous à deux ou trois objectifs. Au-delà, vous dispersez votre énergie et aucun objectif n'avance vraiment.
Un objectif utile se vérifie. « Être plus visible » ne se vérifie pas. « Obtenir [nombre] demandes de devis par mois via le site » se vérifie.
Reliez chaque objectif à un enjeu réel de votre entreprise. Voici les familles d'objectifs les plus courantes dans une petite structure :
Faire connaître une activité, une nouvelle offre ou une implantation récente.
Générer des contacts : demandes de devis, prises de rendez-vous, appels entrants.
Fidéliser vos clients actuels et les inciter à vous recommander.
Recruter en rendant votre entreprise attractive pour de futurs salariés.
Fédérer votre équipe autour d'un projet ou d'un changement.
Pour formuler chaque objectif, posez-vous trois questions :
Que voulez-vous obtenir, concrètement ?
Comment saurez-vous que c'est atteint ?
À quelle échéance faites-vous le point ?
Fixez vos valeurs cibles à partir de votre propre historique. Sans chiffre de départ, notez [valeur actuelle] et commencez par mesurer pendant deux ou trois mois.
Voici deux formulations possibles. « D'ici [date], obtenir [nombre] demandes de devis qualifiées par mois, dont [part] via le site. » « Avant [date], présenter notre nouvelle offre à nos [nombre] clients actuels. »
Vos objectifs de communication servent vos objectifs commerciaux, ils ne les remplacent pas. Pour articuler les deux, prenez le temps de clarifier votre stratégie de développement commercial.
Étape 2 : choisir vos cibles et le message que chacune doit retenir
Une cible désigne un groupe de personnes que vous voulez toucher pour atteindre un objectif précis. « Tout le monde » n'est pas une cible.
Listez d'abord toutes les personnes qui comptent pour votre activité. Gardez ensuite les trois ou quatre groupes liés à vos objectifs de l'étape 1.
Dans une TPE, les cibles se répartissent souvent en cinq familles :
Les clients actuels, qui peuvent racheter et vous recommander.
Les prospects, qui ne vous connaissent pas encore ou hésitent.
Les prescripteurs : architectes, experts-comptables, partenaires qui orientent des clients vers vous.
Les candidats, si vous recrutez.
Votre équipe, pour la communication interne.
Pour chaque cible, décrivez en deux lignes ce qu'elle cherche et ce qui la freine. Appuyez vous sur ce que vos clients vous disent en rendez-vous, pas sur des suppositions.
Formulez ensuite un message clé par cible. Le message clé est la phrase que cette personne doit retenir après vous avoir lu ou écouté.
Un bon message clé respecte trois règles :
Il tient en une phrase, que vous pouvez dire à l'oral sans la lire.
Il parle du bénéfice pour la cible, pas de votre entreprise.
Il s'appuie sur une preuve : une réalisation, une méthode, un témoignage client.
Pour un prospect, cela peut donner : « Nous intervenons sous [délai] et vous connaissez le prix avant le début du chantier. » Pour un prescripteur : « Vous nous confiez vos clients et nous vous tenons informé à chaque étape. »
Vos messages se déclinent ensuite selon le canal. Le fond reste identique sur votre site, dans votre discours commercial et sur vos devis. Seule la forme s'adapte.
Conservez ces messages par écrit. Ils servent de référence à toute personne qui parle au nom de l'entreprise.
Pour donner du relief à vos messages, puisez dans votre histoire, vos valeurs et vos réalisations. C'est tout l'objet du storytelling d'entreprise, détaillé dans un article dédié.
Étape 3 : choisir vos canaux entre digital, oral et écrit
Un canal est le chemin par lequel votre message atteint sa cible. Le bon canal est celui que votre cible fréquente, pas celui à la mode.
Partez de vos cibles de l'étape 2. Pour chacune, demandez-vous où elle cherche de l'information et où elle prend ses décisions.
Retenez trois ou quatre canaux au total. Mieux vaut un canal tenu chaque semaine que six canaux abandonnés au bout d'un mois.
Le digital : être trouvé et rester présent
Le digital sert d'abord à être trouvé au moment où un client vous cherche. Il sert ensuite à rester présent dans l'esprit de vos contacts.
Voici les canaux digitaux que les petites entreprises utilisent le plus souvent :
Votre fiche Google Business Profile, visible quand un client cherche votre activité près de chez lui.
Votre site internet et son blog, qui répondent aux questions de vos prospects.
LinkedIn, adapté aux relations entre professionnels et au recrutement.
Instagram ou Facebook, utiles pour montrer vos réalisations au grand public.
La newsletter, pour garder le lien avec vos clients et prescripteurs.
Pour comparer ces outils, France Num publie les guides pour communiquer en ligne quand on est une TPE.
L'oral : le canal le plus direct
L'oral reste un canal très direct pour une petite entreprise. Votre client vous rencontre, vous appelle, vous entend présenter votre activité.
Intégrez donc à votre plan les situations orales qui reviennent :
Les rendez-vous commerciaux et la présentation de votre offre en deux minutes.
Les rencontres de réseaux d'entreprises, les salons et les portes ouvertes.
Les réunions d'équipe, qui portent votre communication interne.
Les appels de suivi après une prestation.
Pour chaque situation, préparez votre message clé et une ou deux preuves à citer. Votre discours gagne en aisance et reste cohérent d'un interlocuteur à l'autre.
L'écrit : le canal qui reste
L'écrit laisse une trace que votre client relit, transfère ou compare. Il regroupe vos devis, propositions commerciales, plaquettes, flyers, courriels et affichages.
Relisez vos écrits courants à la lumière de vos messages clés. Un devis clair et soigné communique autant qu'une publication sur les réseaux.
Sur chaque support écrit, vérifiez trois points : le message clé apparaît, la prochaine étape est indiquée, vos coordonnées sont à jour.
Comment trancher
Pour chaque canal envisagé, répondez à trois questions :
Ma cible est-elle présente sur ce canal ?
Ai-je le temps de l'alimenter au rythme qu'il demande ?
Puis-je mesurer ce qu'il m'apporte ?
Un « non » à la deuxième question suffit pour écarter un canal, au moins cette année.
Chaque famille de canaux fait l'objet d'un article détaillé. Pour le digital, apprenez à choisir vos canaux de communication digitale et à travailler votre SEO local. Pour votre image de dirigeant, découvrez le personal branding du dirigeant sur LinkedIn. Pour l'oral, suivez la méthode de prise de parole en public.
Étape 4 : bâtir un calendrier que vous tiendrez
Le calendrier transforme vos choix en rendez-vous concrets. C'est l'étape qui demande le plus de réalisme.
Partez du temps dont vous disposez vraiment. Notez [nombre d'heures] par semaine consacrées à la communication, puis construisez votre calendrier dans cette limite.
Organisez votre calendrier sur trois niveaux :
L'année : les temps forts de votre activité, saisons, salons, lancements, périodes creuses.
Le mois : un thème principal, relié à l'un de vos objectifs.
La semaine : les actions précises, avec un jour fixe pour chacune.
Repérez d'abord vos temps forts. Une entreprise du bâtiment ne communique pas au même moment qu'un commerce de centre-ville. Préparez chaque temps fort [nombre] semaines à l'avance.
Fixez ensuite une fréquence par canal. Choisissez un rythme que vous tiendrez même pendant un mois chargé. Une publication par semaine tenue toute l'année vaut mieux qu'une publication par jour pendant trois semaines.
Bloquez un créneau récurrent dans votre agenda, par exemple [jour et heure]. Traitez le comme un rendez-vous client : vous ne le déplacez qu'en cas d'urgence.
Préparez vos contenus par lots. Une demi-journée par mois peut suffire pour rédiger plusieurs publications, une newsletter et vos arguments pour les rendez-vous à venir.
Prévoyez une marge. Laissez une semaine sans action planifiée chaque trimestre, pour rattraper un retard ou saisir une actualité.
Pour alléger l'effort, recyclez vos contenus. Un chantier terminé devient une publication, un paragraphe de newsletter et un exemple à citer en rendez-vous.
Un calendrier tient plus facilement quand vous savez de quoi parler. Pour définir vos thèmes, votre ton et vos formats, apprenez à construire votre ligne éditoriale.
Étape 5 : mesurer sans tableau de bord compliqué
Mesurer sert à savoir si vos efforts vous rapprochent de vos objectifs. Il ne s'agit pas de suivre tous les chiffres disponibles.
Retenez un indicateur par objectif, deux au maximum. Chaque indicateur répond à une question simple : cette action m'apporte-t-elle ce que j'en attends ?
Distinguez deux familles d'indicateurs :
Les indicateurs d'activité mesurent ce que vous avez fait : publications, newsletters envoyées, rencontres réseau.
Les indicateurs de résultat mesurent ce que cela a produit : demandes de devis, appels entrants, candidatures, recommandations.
Les premiers vérifient que vous tenez votre calendrier. Les seconds vérifient que votre plan fonctionne.
Des sources gratuites suffisent souvent :
Les statistiques de votre fiche Google Business Profile : appels, demandes d'itinéraire, clics vers le site.
Les statistiques intégrées de LinkedIn, Instagram ou Facebook.
L'outil de mesure d'audience de votre site.
Votre propre suivi commercial.
La question la plus utile reste la plus simple. Demandez à chaque nouveau client : « Comment nous avez-vous connus ? » Notez la réponse dans un tableur ou dans votre logiciel de devis.
Faites le point une fois par mois, en trente minutes. Comparez avec le mois précédent et notez une décision : continuer, ajuster ou arrêter une action.
Chaque trimestre, faites un bilan plus complet. C'est le moment d'abandonner un canal qui ne donne rien ou de renforcer celui qui fonctionne.
Acceptez qu'un canal demande du temps avant de produire des résultats. Fixez vous une durée d'essai, par exemple [nombre] mois, avant de le juger.
Vous disposez maintenant de tous les éléments de votre plan. Il reste à les rassembler sur une seule page.
Plan de communication exemple : le modèle d'une page à remplir
Votre plan de communication tient dans un tableau de sept colonnes. Chaque ligne décrit une action : pour quel objectif, auprès de qui, avec quel message et par quel canal.
Le modèle à remplir
Recopiez ce tableau dans un tableur ou sur une feuille A4 au format paysage. Au-delà d'une dizaine de lignes, votre plan devient difficile à tenir.
Objectif | Cible | Message | Canal | Fréquence | Responsable | Indicateur |
|---|---|---|---|---|---|---|
[objectif 1] | [cible] | [message clé] | [canal] | [rythme] | [prénom] | [indicateur] |
[objectif 1] | [cible] | [message clé] | [canal] | [rythme] | [prénom] | [indicateur] |
[objectif 2] | [cible] | [message clé] | [canal] | [rythme] | [prénom] | [indicateur] |
[objectif 3] | [cible] | [message clé] | [canal] | [rythme] | [prénom] | [indicateur] |
Pour remplir chaque colonne :
Objectif : repris de l'étape 1, formulé de façon vérifiable.
Cible : un seul groupe par ligne.
Message : la phrase que cette cible doit retenir.
Canal : digital, oral ou écrit, avec le support précis.
Fréquence : un rythme que vous tiendrez, même en période chargée.
Responsable : un prénom, jamais « l'équipe ».
Indicateur : le chiffre que vous relevez chaque mois.
Exemple rempli : une menuiserie fictive
Cet exemple porte sur une entreprise fictive, la Menuiserie Dubreuil. Elle fabrique et pose des escaliers et des agencements sur mesure pour les particuliers. Les valeurs chiffrées restent entre crochets : à vous d'y placer les vôtres
Objectif | Cible | Message | Canal | Fréquence | Responsable | Indicateur |
|---|---|---|---|---|---|---|
Recevoir [nombre] demandes de devis de particuliers par mois d'ici [date] | Particuliers en projet de rénovation | Du sur-mesure posé par l'équipe qui l'a fabriqué | Fiche Google Business Profile (digital) | Une photo de chantier par semaine | Dirigeant | Demandes de devis reçues via la fiche |
Recevoir [nombre] demandes de devis de particuliers par mois d'ici [date] | Prospects rencontrés à domicile | Du sur-mesure posé par l'équipe qui l'a fabriqué | Rendez-vous (oral) et devis détaillé avec photos (écrit) | À chaque rendez-vous | Dirigeant | Devis signés sur devis envoyés |
Recevoir [nombre] demandes de devis de particuliers par mois d'ici [date] | Équipe d'atelier et de pose | Vos chantiers sont notre meilleure vitrine | Point d'équipe du lundi (oral) | Chaque semaine | Dirigeant | Photos de chantier transmises par l'équipe |
Obtenir [nombre] chantiers recommandés par des architectes d'ici [date] | Architectes et maîtres d'œuvre du secteur | Vos clients sont suivis et vous êtes informé à chaque étape | LinkedIn (digital) et visite annuelle de l'atelier (oral) | Deux publications par mois, une visite par an | Dirigeant | Chantiers apportés par un architecte |
Recruter un menuisier poseur avant [date] | Menuisiers en poste ou en recherche | Un atelier où l'on pose ce que l'on fabrique | LinkedIn (digital) et annonce affichée chez les fournisseurs (écrit) | Une publication par mois jusqu'au recrutement | Chef d'atelier | Candidatures reçues |
Cet exemple illustre quatre principes :
Un même objectif mobilise plusieurs canaux, en ligne, à l'oral et à l'écrit.
Le message reste identique quel que soit le canal.
Chaque ligne a un responsable nommé, et les fréquences restent modestes.
La communication interne nourrit la communication externe : l'équipe fournit les photos publiées en ligne.
Remplissez d'abord votre modèle seul, en une heure. Vous l'affinerez ensuite au fil des bilans mensuels.
Faire relire votre plan : quand un regard extérieur aide
Vous connaissez votre entreprise mieux que personne. C'est justement pour cela qu'un regard extérieur repère ce que vous ne voyez plus.
Un regard extérieur devient utile dans plusieurs situations :
Vos actions de communication ne produisent pas de contacts, sans que vous sachiez pourquoi.
Vous hésitez entre plusieurs canaux et n'arrivez pas à trancher.
Votre message varie selon la personne qui parle au nom de l'entreprise.
Vous lancez une nouvelle activité, recrutez ou changez de positionnement.
Votre équipe relaie peu ou mal l'image de l'entreprise.
Plusieurs relecteurs sont possibles. Un client fidèle vous dira si votre message lui parle. Un associé ou un pair dirigeant questionnera vos priorités.
Un consultant apporte une méthode et une vue d'ensemble. Il analyse votre communication interne et externe, puis vous aide à hiérarchiser vos actions.
Préparez la relecture. Transmettez votre tableau d'une page, vos supports actuels et deux ou trois questions précises. Vos relecteurs vous répondront plus utilement qu'à une demande générale.
Gardez la main sur les décisions. Le relecteur éclaire vos choix, mais c'est vous qui ferez vivre le plan au quotidien.
Passez à l'action avec Form'Activ & Sens
Un plan de communication utile n'a pas besoin d'être long. Deux ou trois objectifs, des cibles claires, quelques canaux tenus et un indicateur par objectif suffisent pour avancer.
Commencez par remplir le modèle d'une page. Fixez ensuite votre créneau hebdomadaire et la date de votre premier bilan mensuel.
Vous souhaitez un regard extérieur avant de vous lancer ? Form'Activ & Sens accompagne les dirigeants de TPE-PME et les indépendants, depuis Aizenay et Les Sables d'Olonne.
Avec notre audit de communication interne et externe, nous faisons le point sur vos pratiques actuelles, à l'oral, à l'écrit et en ligne. Nous vous aidons ensuite à bâtir un plan simple, que vous tiendrez vous-même dans la durée.
Pour gagner en autonomie sur le digital, découvrez aussi nos formations en communication digitale : Instagram, Google Business Profile, référencement naturel et LinkedIn. Form'Activ & Sens est un organisme de formation certifié Qualiopi.




